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22/02/2008

Désirs d'avenir

THEO.jpgChez Théo, le 17 février 2008

            C’est un petit troquet qui ne paye pas de mine. Quand on y rentre, on remarque tout de suite le côté 1900 de l’endroit. C’est un café d’ouvriers qui venaient casser la croute à l’heure du déjeuner, prendre un ballon de rouge au zinc, boire un crème en fumant une cigarette (dans le temps où c’était permis). C’est un lieu convivial où toutes les générations se retrouvent depuis 1955 sous la houlette de Théo puis celle de son fils Paul qui a repris l’affaire depuis que Théo a quitté ce monde. L’endroit aurait peut-être besoin d’un coup de peinture mais il ne manque pas de charme. C’est un café qui nous ramène à l’époque d’Edith Piaf, c’est un endroit qui a un goût de bonheur et d’enfance, un parfum d'amitié. Chez Théo, c’est un lieu de convivialité où tout le monde peut se retrouver sans aucune sélection à l’entrée, c’est un lieu de convivialité rare.

 

            Seulement voilà, le malheur de ce café construit en 1880, c’est qu’il est situé au 22 de la rue Rivet à Levallois-Perret et que dans cette ancienne banlieue ouvrière devenu un paradis sécurisé pour nouveaux riches, dans cette ville où les immeubles de haut standing s’alignent en front bâti continu, dans cette ville où cette transformation radicale, forcée et rapide du tissu urbain et social a fait entrer un mot nouveau dans le dictionnaire des urbanistes : « balkanysation » un tel endroit est en décalage, c’est un vestige passé, un village d’irréductibles Levalloisiens qui résistent au « progrès » et la municipalité veut donc le détruire afin de construire des logements sociaux, un projet d’utilité publique.

            Les logements sociaux en question, ce seraient essentiellement des T1 (oui, vous avez bien lu, des studios) qu’on veut construire là parce qu’on ne veut pas que les logements sociaux soient construits au dessus de la future grande surface parce que, vous comprenez, personne ne voudrait vivre au dessus d’un supermarché… sauf les personnes aisées qui achèteront dans l’immeuble de standing dans lequel sera intégré le supermarché.

A force de vouloir à tout prix combler les « dents creuse » et de vouloir tout aligner, des villes entière du département perdent leurs quartiers pavillonnaires tellement appréciés, leurs lieu de convivialité, leur charme et en fin de compte, leur âme. Les habitants de Chatillon, de Montrouge et de Levallois-Perret savent très bien de quoi il s’agit.

A Désirs d’Avenir, nous militons pour une France fraternelle. Pour qu’il y’ait fraternité, il faut qu’il y’ait convivialité, il faut du lien social et oui, Paul Houée, patron du café que nous avons rencontré ce jour a raison de le dire : « Créer du lien social, c’est aussi d’utilité publique ».

 
Nous ne voudrions pas tomber dans le misérabilisme, la famille Houée qui sont des gens dignes ne le font pas, mais nous devons porter à votre connaissance un autre fait, Madame Houée, veuve de Théo et mère de Paul est une personne âgée et malade qui vit juste au dessus du café depuis 1955. La trêve hivernale interdisant les expulsions ne s’applique pas si la décision d’expulser fait suite à une déclaration d’utilité publique. Si rien n’est fait, cette femme digne qui a travaillé toute sa vie et sa famille seront à la rue, sans avoir le temps de trouver autre chose avec la maigre somme qu’on entend leur payer.


Si vous voulez aider la famille Houée, vous pouvez le faire en manifestant votre soutien sur le blog « Sauvez Théo ! » et demander à signer la pétition comme nous l’avons fait. 

Nicolas Gatineau & Dominique Millécamps

http://desirsdavenir92.over-blog.com/

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