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13/08/2008

Le dalaï-lama à huis clos au Sénat

mercredi 13 août 2008

Seule visite à connotation politique du dalaï-lama, lors de son séjour en France : celle, ce matin, au groupe d'information du Sénat sur le Tibet.

Louis de Broissia.

Sénateur UMP de Côte-d'Or, président du groupe d'information sur le Tibet

À quel titre le dalaï-lama est-il reçu, ce matin, au Sénat ?

En 1990, nous avons créé, malgré beaucoup d'obstacles, le premier groupe parlementaire au monde sur le Tibet. Depuis, chaque fois que le dalaï-lama est venu en France, nous l'avons reçu. Il y a deux ans, à l'invitation de l'Assemblée populaire de Chine, nous étions place Tian'anmen. Durant quatre heures, nous leur avons parlé de la nécessité du dialogue sino-tibétain au moment des Jeux olympiques.

Que vous avaient répondu les Chinois ?

Ils nous avaient écoutés avec intérêt, mais il y avait deux écoles à Pékin. Une école pour le dialogue, l'autre plus dure. À l'approche des Jeux, les faucons ont pris le dessus.

La presse ne pourra pas suivre aujourd'hui cette rencontre au Sénat. Pourquoi ?

Disons que le huis clos a été ordonné de façon assez absurde par le président du Sénat. Un huis clos que je ne transgresserai pas, ou pratiquement pas. Ceci dit, il y aura forcément des échos.

Y aura-t-il des photographes ?

Non, pas de photographes officiels. Mais, même avec un portable, on peut faire des photos. Et je ne vois pas pourquoi je m'interdirais de le faire. D'autant plus que la presse aurait pu constater que ce que nous voulons, c'est faciliter le dialogue. C'est la ligne du président Sarkozy. J'ai d'ailleurs demandé aux membres du groupe d'information sur le Tibet de faire partie aussi du groupe d'amitiés France-Chine.

À chaque visite en France du dalaï-lama, le pouvoir politique semble faire barrage aux rencontres officielles...

Je pense surtout qu'on a peur de son ombre dans cette affaire. La Chine ne respecte pas la faiblesse. Le temps est venu, après les Jeux olympiques, de ne plus s'agenouiller. Ce n'est pas, comme disent certains, une question spirituelle. C'est la défense d'un peuple. Avec une identité, une culture, une langue. Il faut demander à la Chine comment elle entend le préserver. Pas simplement le siniser.

La question tibétaine risque de retomber dans l'oubli, après les JO ?

Les JO, ce n'est pas une fenêtre qui va se refermer immédiatement. La Chine fait partie, maintenant, des grandes puissances du monde. Or, ils ont fait du Tibet une prison. La Constitution chinoise permet l'autonomie, qu'attend-elle pour l'organiser au Tibet. Qu'elle en fasse une vitrine. Ce serait une chance pour la Chine du XXIe siècle.

Recueilli par

Laurent MARCHAND. OUEST-FRANCE

 

 

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