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19/09/2009

LEVALL'ART YOUNG ADAM et le reste

DSCN0801.JPGYOUNG ADAM

"C'est arrivé au gré du courant, en ondulant, comme un entrelacs d'herbes. Elle était belle, d'une pâle beauté (...) et ressemblait à quelque superbe champignon d'eau blanc..." Avec cette image poétique d'un corps de femme à la dérive, c'est la mort qui ouvre l'histoire de Young Adam, et le terme "désagrégation" qui l'achève. Dans l'entre-deux, au fil d'une confession marine, le lecteur cherche qui sont les monstres et qui sont les hommes dans cette histoire où la bassesse côtoie la sensualité la plus barbare.

C'est certainement l'enjeu de l'écriture d'Alexander Trocchi que de nous mener, sans effort, de certitudes en doutes, au gré d'une narration aussi calme et fluide que le cours de la péniche entre Édimbourg et Glasgow. Pas de remous ni de coups de théâtre, simplement des aveux dont la portée est aussi lente et implacable que les cercles concentriques sur l'eau, quand on y jette un galet. Ses personnages, atypiques, jettent le malaise tout autant qu'ils fascinent et ravissent notre entendement.

Joe le marinier n'est qu'une voix portée par le désir, désir des femmes qu'il aime avec de puissants abdomens et "une chair d'une qualité opaque et épaisse", désir de fuite irrépressible ou incapacité d'agir et de s'impliquer, à tel point qu'au moment où une femme se noie sous ses yeux c'est toujours le même sentiment d'irréalité qui le submerge. Joe, c'est Lucky Luke moins l'efficacité, Humphrey Bogart sans le costume trois pièces, un homme au mutisme séduisant à qui les femmes pardonnent tout, pourvu qu'il reste. Toujours "sur la route" pour relier les deux bouts d'une terre, il perpétue la tradition des bourlingueurs à la Kerouac, même si ce ne sont pas les hurlements des chacals qui le suivent, mais le rire sinistre d'une hyène.

On lui en veut à cet homme en marge d'être aussi libre, irresponsable, nonchalant. Et puis finalement on en veut à ces femmes lourdes et collantes qui tentent de le clouer à la maison, avec leurs sarcasmes et leur vulgarité. Mais moins peut-être qu'à la justice écossaise et à

 

l'opinion publique vorace qui veulent un vrai coupable, une arme et du sang, un vrai crime quoi. Comme si tout cadavre impliquait un meurtrier, comme si une société ne pouvait supporter l'affront d'une mort accidentelle, inexplicable, surtout quand le cadavre est en tenue très légère.

Voici un livre où la voix douce du narrateur, qui laisse parfois filtrer une détresse insupportable, rappelle combien la réalité, telle qu'on nous la donne à vivre, est à peine croyable : "Pipée, contrefaçon... J'eus l'impression qu'ils voulaient que les choses s'ajustent comme un homme veut croire en Dieu" s'insurge le narrateur - ou l'auteur, recherché par la police de New York et mort d'une overdose en 1984. Un homme "inajustable".

Ingrid Pelletier

chronique.php?id=3659

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J'avais du lire deux lignes sur Young Adam dans les Inrocks , il y a plus de huit ans mais c'était l'image de cette femme sur la couverture qui étendait le linge qui m'avait donné l'irrépressible envie d'acheter le livre et une impression fausse d'atmosphère italienne ou New-Yorkaise .
Le livre était demeuré longtemps sur le dessus d'une pile et l'adaptation de Mackenzie au cinéma avait balayé mes impressions fausses . Un film bleu et glauque . Les fils rouges de l'écriture deviennent parfois bleus sur la toile et plusieurs toiles devaient naitre de ce trouble-là .

Quel lien avec les deux autres toiles accrochées aux murs de l'Escale pour Levall'art ?
Aucun, hormis le hasard des couleurs ou le désespoir ?
Les images peintes sont des cris qui se figent au delà du jour qui tombe sur une vie , la fin d'un après-midi d'amour ou d'une journée d'injustice .

Quel lien entre ces toiles-là et Levall'Art ?
La volonté d'afficher des images qui laissent un doute dans l'esprit du passant , habitué à empiler les faits-divers, les histoires et les souvenirs et d'interpeller celui qui se détourne quand les évènements se déroulent sous ses yeux comme un mauvais film .

 

 

LE CRI ( portrait de l'Abbé Pierre )   isabelle 174.jpg

 

 

 

 

 

 

 

isabelle 175.jpg

DANS LE JARDIN DU BIEN ET DU MAL
( le 29 avril 2009, 22 rue Rivay )

Commentaires

On te reconnait sur toutes les toiles !

Écrit par : Flivo | 26/09/2009

ah bon ?

Écrit par : zivvoug | 26/09/2009

Euh ... pour l'abbé Pierre, c'est pas dans la moustache !

Écrit par : Flivo | 28/09/2009

Les commentaires sont fermés.

 
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