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18/12/2009

Le Centre Effel , Farenheit 451 et la neige

 

La neige était tombée depuis le matin mais dans le roman de Bradbury ,  Clarisse McClellan parlait de la pluie qu'elle laissait couler dans sa bouche, la tête renversée en arrière  " on jurerait du vin, vous n'avez jamais essayé ? "
On s'était dit que tout compte-fait , la joie des enfants qui ne savaient pas encore que ce n'était que de l'eau , ne nous consolait pas de savoir que c'était un jour de plus sans répit à affronter pour nos SDF .

La page 54 de ce livre de 1953 ressemblait à notre inquiétude devant cette résignation majoritaire du temps présent  , cette déambulation mentale parmi les décors d'un film à peine catastrophe puisque les spectateurs baillaient " même pas mal " ...
J'avais regardé la sélection des ouvrages de Noël sur le catalogue municipal : une histoire de Père Noël noir ..de suie et de Dédé le cambrioleur ...La Bûche de Danièle Thompson..Le Grinch de Ron Howard ...la médiathèque même virtuelle se recouvrirait de poussière au fur et à mesure que les vrais livres disparaitraient et que la mémoire ne serait plus qu'un mot sur les marbres monumentaux .

- les gens ne parlent de rien.
- Allons donc , il faut bien qu'ils parlent de quelque chose !
- Non , non, de rien ! Ils ciitent toute une ribambelle de voitures, de vêtements ou de piscines et disent " super ! " Mais ils disent tous la même chose et personne n'est d'un avis différent ...

Sous le porche de l'église , en fin d'après-midi , Bruno et Danièle attendaient la suite de leur histoire .
Bruno avait les yeux abimés et Danièle nous parlait des bonnes résolutions qu'elle devrait prendre si elle voulait de l'aide municipale ...
Je me disais que ce serait bien de laver les yeux de Bruno comme on fait pour un enfant et que l'essentiel pour Danièle était qu'elle survive à l'hiver .
Elle avait survécu une nuit de plus en se réfugiant dans le métro .
Pour l'hébergement , il faudrait un miracle et c'était la bonne ou la pire saison ...

Plus tard , en passant le long des palissades du Centre Effel , plongé dans l'obscurité ,nous avons réveillé un chien de chantier et son maître . Encore une petite cabane qui nous aurait permis d'abriter nos Fragiles mais là , pas de planètes merveilleuses scintillant dans la nuit levalloisienne . Juste les flancs éventrés des navires de béton .

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10/12/2009

«Être français, c'est être révolutionnaire»

« On trouve des excuses à tout, à tout le monde, à ce que les gens crèvent dans la rue. On s'habitue à zapper, à s'abrutir, à supporter la manipulation, le bourrage de crâne. Faut se battre contre cette facilité-là. »

Par Ludovic de Foucaud
Elle, lui et les autres

Contre la misère, l'injustice et le débat sur l'identité nationale, l'ex-footballeur a montré ce matin qu'il a gardé son âme de combattant et son sens de la formule. Rencontre, à l'occasion de la sortie de son beau livre de photographies consacré aux mal-logés

On connaît Eric the King, footballeur hors pair, joueur complet et charismatique, dont l'attitude combattive sur et en-dehors du terrain a fortement contribué à construire la légende. Les chansons qui lui sont dédiées résonnent encore aujourd'hui dans les travées des stades anglais, plus de dix ans après qu'il ait mis un terme à sa carrière professionnelle. On connaît aussi Cantona comédien, depuis « le Bonheur est dans le pré » en 1995 jusqu'au « Looking for Eric » de Ken Loach, cette année. On connaît maintenant Cantona photographe. Il présentait ce matin un livre plutôt réussi, « Elle, lui et les autres », publié par les Editions Desclée de Brouwer en partenariat avec la Fondation Abbé Pierre et disponible en librairie depuis le 3 décembre. L'occasion pour nous de constater que loin des terrains, King Eric a toujours envie d'en découdre...

la suite sur notre-petit-dejeuner-avec-eric-cantona-etre-francais-cest...

et ça aussi :

Emmenés par Bruna Maule, les bénévoles de l'association monégasque «Les Anges de la Rue» distribuent vêtements et alimentation provenant de dons aux sans-domicile fixe de la ville de Nice.

Sur le port de Nice, les sans-domicile fixe les attendent comme « des messies ». Ils savent que « les anges vont passer ». Victuailles, duvets et vêtements dans le coffre de leurs voitures, les Anges de la rue débarquent de Monaco pour venir en aide aux SDF niçois. Qu'ils s'appellent Michel, Louis, Aïcha, Anita, Costica ou encore Danielle, ces bénévoles résidents français et monégasques commencent comme chaque lundi leur tournée nocturne.


la suite sur monaco-les-anges-de-la-rue-monegasques-viennent-en-aide-a...

 

Pas besoin de ces témoignages pour justifier un engagement auprès de ceux dont on espère qu'ils réussiront à traverser l'hiver mais lire ça en fin de journée c'est un peu apercevoir de nouvelles lueurs dans la nuit .





 

29/11/2009

On est que des fragiles lucioles mais si ça peut

faire un peu de lumière pour ces hommes et ces femmes qui s'ombrent chaque jour davantage .

On était passé aux bancs de la Mairie vers 18 h pour prévenir Bruno et les autres qu'on avait pas eu le temps de faire la soupe . Le cageot de fêves et les radis noirs me laissaient perplexe .
A la Mairie , ils trouvaient ça ringard d'éplucher des légumes pour quelques SDF mais on s'en fichait plutôt carrément !
On leur avait apporté des photographies des jours passés , plastifiées... à cause de la pluie .
Danièle essayait de fixer dans sa mémoire la date du rendez-vous qu'on avait réussi à lui procurer à Beaujon et je m'étais bien interdit de lui parler des risques de fermeture du service des urgences .
Sylvain avait sorti une petite paire de ciseaux pour découper le tour blanc de son portrait et m'avait demandé " la patronne , je pourrais avoir les photos des copains , aussi ? "
Danièle regardait celle de Dédé et le trouvait beau .
Christian pensait qu'on aurait du faire la Nuit Solidaire , là , devant la Mairie mais la vie prenait ses virages sans attendre que nous ayions fini de poser le décor .
Alors , nous sommes parties vers la Bastille , encastrées entre les voitures qui glissaient sous les lumères-toc des marchés de Noël et la pluie de toujours .
Les gens , là-bas , avaient les épaules couvertes d'or et on a récupéré des couvertures de survie .
Il y avait de la soupe servie dans des containers et on s'est réchauffées comme ça  , en prenant de l'autre main , des photos un peu floues . Et des tuiles pour écrire des messages de nuit . Comme celui de Ben Vautier " SANS TOIT JE NE SUIS RIEN "

On a parlé avec un compagnon d'Emmaüs qui avait conduit depuis Longjumeau un autobus jaune dont il était très fier " on y croit ! " disait-il en réponse à ce mélange d'espoir et d'impuissance .
Nous aussi mais on avait froid , alors on est reparti vers le Village de Levallois-Perret ...

 

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