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11.03.2010

12 mars 2010 Poème à l'Autre

 

Et tous ces champs traversés,rayés

de lignes grises et vertes sous la pluie

à la fin de l’été …


Quelqu’un poursuivait ,invisible ,

le train mais ne le rattrapait jamais.

Rien n’arrêtait le retour à l’enfance

et après , il fallait grandir ,sage

puis vivre longuement ,résigné ,

le front contre la vitre du monde …

D’autres saisons existaient sans doute

Au-delà des rues mais le temps

Elevait ses décors …

Encore attendre sa vie et l’angle précieux

où basculer enfin

et

devenir .

D.Z

 

18.12.2009

Le Centre Effel , Farenheit 451 et la neige

 

La neige était tombée depuis le matin mais dans le roman de Bradbury ,  Clarisse McClellan parlait de la pluie qu'elle laissait couler dans sa bouche, la tête renversée en arrière  " on jurerait du vin, vous n'avez jamais essayé ? "
On s'était dit que tout compte-fait , la joie des enfants qui ne savaient pas encore que ce n'était que de l'eau , ne nous consolait pas de savoir que c'était un jour de plus sans répit à affronter pour nos SDF .

La page 54 de ce livre de 1953 ressemblait à notre inquiétude devant cette résignation majoritaire du temps présent  , cette déambulation mentale parmi les décors d'un film à peine catastrophe puisque les spectateurs baillaient " même pas mal " ...
J'avais regardé la sélection des ouvrages de Noël sur le catalogue municipal : une histoire de Père Noël noir ..de suie et de Dédé le cambrioleur ...La Bûche de Danièle Thompson..Le Grinch de Ron Howard ...la médiathèque même virtuelle se recouvrirait de poussière au fur et à mesure que les vrais livres disparaitraient et que la mémoire ne serait plus qu'un mot sur les marbres monumentaux .

- les gens ne parlent de rien.
- Allons donc , il faut bien qu'ils parlent de quelque chose !
- Non , non, de rien ! Ils ciitent toute une ribambelle de voitures, de vêtements ou de piscines et disent " super ! " Mais ils disent tous la même chose et personne n'est d'un avis différent ...

Sous le porche de l'église , en fin d'après-midi , Bruno et Danièle attendaient la suite de leur histoire .
Bruno avait les yeux abimés et Danièle nous parlait des bonnes résolutions qu'elle devrait prendre si elle voulait de l'aide municipale ...
Je me disais que ce serait bien de laver les yeux de Bruno comme on fait pour un enfant et que l'essentiel pour Danièle était qu'elle survive à l'hiver .
Elle avait survécu une nuit de plus en se réfugiant dans le métro .
Pour l'hébergement , il faudrait un miracle et c'était la bonne ou la pire saison ...

Plus tard , en passant le long des palissades du Centre Effel , plongé dans l'obscurité ,nous avons réveillé un chien de chantier et son maître . Encore une petite cabane qui nous aurait permis d'abriter nos Fragiles mais là , pas de planètes merveilleuses scintillant dans la nuit levalloisienne . Juste les flancs éventrés des navires de béton .

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07.08.2009

Résonnance coccinelle

Rex - Lunch bag à pois rouges et blancsC'est sans doute une envie de retomber un peu en enfance , une envie de rubans et de confitures maison et de prolonger l'été ...Mais pour peu qu'on trouve un livre de poésie entre deux bouts de tissu  , dans un quartier où les touristes ont tous le nez en l'air , quelques lignes suffisent pour dresser la liste de tous Ceux qu'on a été obligé de lire , puis Ceux qu'on a découverts et qui écrivaient étrangement ou qui avaient des noms étranges ...Aloysius ...puis Ceux dont on a retenu par coeur les mots en français , en anglais comme des airs de valse et qui vous donnaient le vertige en haut des marches avant la plage ...et ça continuera encore " comment ai-je pu croire que je savais voler ? Ce fut une erreur , une de celles qui vous comblent de joie , élargissent l'horizon *..." et voilà qu'on avait grandi ?

 

*Gunnar Harding ( patinage artistique ) Gunnar Harding est né en 1940. Poète, il est aussi musicien de jazz et peintre. Il a consacré une étude à Guillaume Apollinaire et travaille, avec d'autres, à une traduction de l'Ancien Testament à la demande de la Commission biblique suédoise.

29.05.2009

Qu'est-ce que tu portes ?

la pluie des hommes ...Cette sensation indéfinissable de fin d'après-midi , sous les feuillages et d'eaux mêlées , les invisibles ruissellements des vies qui s'écoulent au bord des trottoirs et que la rumeur des villes étouffe. Il faut crier pour dire " j'existe encore " ou se pencher à l'oreille de ceux qui vous aiment . Je porte vos maux contre l'oubli .

Plus tard , pas très loin de l'Ile des Pingouins ...envers et contre tout , l'après THEO .
Un lieu devient un lieu lorsqu'aucun autre ne lui ressemble .
Malgré les visages et les mains qui tournent les pages , quand on a compté que presque aucun de ceux qui s'asseyaient sur les tabourets du bar ou la banquette rouge , ne manque , le décor flotte derrière les yeux qui se posent inquiets de leur tristesse ,sur ses anciens propriétaires .
Ce ne sera jamais plus pareil . Et ce jamais fait l'histoire avec plus ou moins de barreaux à scier pour guetter les passages de nuages .

Je l’appelai, je me penchai pour l’aider à gravir l’échelle qui pliait sous l’averse. Il était trop tard. Maintenant, accablé, désespéré, lamentable, ayant perdu sa calotte de velours et ses lunettes d’or, il opposait en vain ses bras courts au flot qui lui montait jusqu’aux aisselles. Soudain une trombe effroyable de fiches s’éleva, l’enveloppant d’un tourbillon gigantesque. Je vis durant l’espace d’une seconde dans le gouffre le crâne poli du savant et ses petites mains grasses, puis l’abîme se referma, et le déluge se répandit sur le silence et l’immobilité. Menacé moi-même d’être englouti avec mon échelle, je m’enfuis à travers le plus haut carreau de la croisée.

Anatole France ( l'Ile des Pingouins )

01.05.2009

Voilà ce que détruit monsieur Balkany :

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13.04.2009

Jour de Pâques et nain de jardin .

DSCN4706.JPGParfois , le village disparait ...bizarrement , comme ce matin , dimanche, à quatorze heures trente .
On avait pourtant laissé tout en place : Paul derrière son bar, ses clients flottants sur de vagues souvenirs de la nuit précédente , le marché d'un bout à l'autre,ses crevettes, ses artichauds et ses badauds et même , de l'autre coté de la frontière , le cinquième nid de Pâques sur une soucoupe blanche dans le frigo et l'adresse de ces suisses qui louent leur maison cet été à l'Ile de Ré ,sur le bureau
Jeté des bottes de caoutchouc en cas de boue dans le coffre et des pots vides en cas de fleurs curieuses du décor des villes ...on avait filé , comme ça ...vers la luzerne , par les routes du début de l'alphabet ...chacun avec son aventure ou son idée ou son souvenir en tête ...
Bien sûr , on trouve toujours autre chose ou cet autre chose vous guette depuis un certain temps et vous attend de château d'eau en château d'eau .
L'épicier ne sait pas qui est cette femme écrivain ...elle ne vient pas faire les courses ...puis , il se rappelle ...le château d'eau , c'est à gauche , puis à gauche .
Un chat qui guette le même canard au fil des saisons sur la mare qui borde la maison de Marguerite , au risque de tomber au milieu des nénuphars et un crapaud qui se sauve de peur d'être transformé en nigaud , ça n'a aucun prix , ça ne se vend pas sur le marché Henri Barbusse ...

Le chèvrefeuille est blanc et parfumé , juste au bord des dentelles et du silence
Pas le silence de la route derrière la haie, celui de l'oubli .
Les livres suffisent .
Les écrivains ne meurent presque jamais .
Amélie Poulain est une fille plus sage que je ne l'aurais cru .
Elle est un peu comme Paul ,géographiquement .
Mais en quittant Neauphle , j'ai pensé que ce serait mieux de tourner dans une laverie automatique.
Dans les cafés , on peut noyer son chagrin si on en a un .
Dans les laveries , on peut laver son âme si on en a une .
Je pensais à ça à cause de Pâques ou à faire tourner le tambour à l'envers , à force d'obstination ?

05.03.2009

Eva regardait la mer .

Grise , avec quelques trainées mauves du jour naissant .

Elle se sentait laide d'une immense fatigue davant la tâche à accomplir .

Cela ne servirait à rien mais cela durerait des siècles .

Et toute cette injuste rancoeur des hommes .

Elle fit quelques pas qui s'enfonçaient dans le sable ...

ils appelleraient ça la Mémoire .

et regarda le bout de ses orteils , indécise .

derrière elle , les montagnes devenaient roses .

les animaux divaguaient en se frottant contre les arbustes .

les premiers parfums du jour viendraient , sans la rassurer .

Il se réveillerait bientôt et se plaindrait d'avoir eu des songes terribles ...

il poserait ses mains froides sur son ventre et elle regarderait le ciel pour guetter les dernières étoiles

Pas de fuite possible .

12 décembre 2004 à 11h 27

26.01.2009

LE PETIT CANARD ET MOI

Emilie Christensen née en 1987

ENTRE ACTES ...Je lis " le petit canard et moi ( noël ) d'Emilie Christensen , un livre comme un pansement-plume que m'a offert mon renard .

Le truc génial , c'est quand on peut lire un livre sans commencer par le début et finir par la fin , quand on peut voltiger , ravi(e) avec les mots .

Parce que les mots qu'on saisit puis qu'on relache vous font monter le piquant aux yeux , parce qu'on entend ,au moment où on les lit ,l eur petite voix ...

Enfin ,c'est un livre comme ça qui parle des anges-lapins et en ce moment ,ça tombe bien et ça fait oublier les avis de tempêtes sur nos chemins .

couverture de l'ouvrage
Paru en octobre 2008

Texte et images Emilie Christensen
Traduit du norvégien par Jean-Baptiste Coursaud

Une fillette et un petit canard sont seuls, abandonnés : « Qu’est-ce qu’on a fait ? Et qu’est-ce qu’on va faire ? »
Emilie Christensen choisit de ne rien expliquer. Tout juste suggère-t-elle. Le récit évolue sur un fil ténu entre sourire et larmes, le tragique et la mélancolie flirtant avec le réconfort et l’étayage mutuel.
La forme même du livre est originale : des bribes de textes épars, une ponctuation minimale, aucune majuscule, de rares images faussement maladroites... Ce petit bijou a été primé dès sa publication par le Ministère norvégien de la culture.

EDITIONS ETRE

COLLECTION L'ÉTRANGETÉ

 

23.11.2008

si la musique s'en mêle ...

New-York , au bas des marches , dans les flaques de neige grise, devenir , pour quelques heures , un chien sans nom , hanté par un coin de rue et la sensation d'un endroit à retrouver d'urgence , la lumière haute au dessus d'un grillage , la peau luisante et l'odeur des hommes qui se précipitent à la chasse les uns des autres , les phares , les uniformes et les batons ,  les morceaux d'un puzzle jetés dans un espace imaginé  ...écrire sa mort ou la leur, puis redevenir humain . Chercher les clés dans la poche de sa veste , remonter dans un appartement roux ,encore quelques heures ou quelques jours , l'histoire sera terminée , bonne à glisser dans un sac en papier comme une bouteille de mauvais whisky pour quelques insomniaques . Un livre illisible suffit parfois pour faire un film ...

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John Kennedy Toole est né à la Nouvelle-Orléans en 1937. Il écrit dans les années soixante "La conjuration des imbéciles" qui est refusé par un éditeur, dépressif il se suicide en 1969. Plusieurs années après sa mère présente le livre à un écrivain, il est publié et obtient le prix Pulitzer en 1981. "La conjuration des imbéciles" est maintenant lu partout à travers le monde.

 

Richard Brautigan est né le 30 janvier 1935 à Tacoma, dans l’État de Washington. Son enfance est mal connue, il n’aurait jamais connu son père. En 1955, il fut hospitalisé au Oregon State Hospital après avoir lancé une pierre dans une fenêtre d’un poste de police. Diagnostiqué comme schizophrène paranoïaque, on lui administra les électrochocs. Il quitta la maison peu après son congé de l’hôpital. Il publie son premier poème en 1956, et durant cette période s’installe à San Francisco où il se mêle au mouvement Beat. Il épouse Virginia Dionne Adler à Reno le 8 juin 1957. Sa fille Ianthe naît le 25 mars 1960. En 1964, on le retrouve avec les hippies du district de Haight-Ashbury. Il distribue ses poèmes dans la rue. En 1966-67, il est poète en résidence au California Institute of Technology. Il divorce de Virginia le 28 juillet 1970. Vers 1972, il s’établit à Pine Creek, près du parc national de Yellowstone. En 1984, Richard Brautigan, vadrouilleur de grands espaces, poète, romancier, pionnier de la Beat Generation, se flanque une balle de 44 Magnum dans la tête. C’en est fini de sa vaine recherche de l’Homme et de la Nature par l’écriture.

Comet Telegram
poem  by Richard Brautigan

Two words :
Camelot
gone

Hubert Selby, Jr est né à Brooklyn en 1928. Il passa son adolescence dans la marine. Touché par une maladie pulmonaire considéré comme irréversible et fatale, il est renvoyé chez lui pour mourir. Décidant malgré tout de vivre mais sans avoir d'idée sur cette vie, il en arrive à une conclusion qui va bouleverser le cours de la littérature : "Je connais l'alphabet. Peut-être puis-je devenir écrivain".

Attiré par l'âme de Brooklyn qui l'environne, il commence un écrit intitulé "The Queen is Dead" qui deviendra, 6 ans après, sa première nouvelle : "Last Exit to Brooklyn" (1964); un livre qu' Allen Ginsberg définissait comme "explosif comme un diabolique obus rouillé sur l'Amérique et qui continuerait à être lu dans 100 ans". A la fois critiqué et loué, Last Exit to Brooklyn a fait plus que confirmé la première partie de la prophétie de Ginsberg et aujourd'hui, 35 ans après, c'est la deuxième partie qui s'accomplit : ce livre est considéré comme le premier souffle d'une nouvelle poésie, comme un classique non seulement de la littérature contemporaine mais aussi de toute la littérature. Le New York Times reconnait, à hubert Selby, Jr, une place au premier rang des écrivains américains et voit au travers de son travail "le pouvoir, l'intimité avec la souffrance et la moralité, l'honnêteté et l'urgence morale commune à Dostoevsky's". Il ajoute également que "Comprendre le travail de Selby revient à comprendre l'angoisse américaine"

http://www.culturebeat.net/

27.10.2008

Espèce d'astéroïde , va !!!

L'astéroïde (654) Zelinda a été découvert le 4 janvier 1908 par l'astronome allemand August Kopff .
Sa désignation provisoire était 1908 BM.

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