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18/07/2008

" le bel été " vous voulez un parolier , madame la Présidente ?

 
Beslan, 4 ans, était en rétention à Lyon du 16 janvier au 12 février 2008,
avec sa petite soeur de 2 ans et ses parents.
 
Les cages de la République





Beslan a 4 ans. Beslan est arrivé en France en 2006 avec ses parents et sa petite sœur. Malgré les refus successifs de l’OFPRA de leur accorder l’asile qui les mettrait à l’abri de la répression russe en Tchétchénie, ils sont restés dans notre pays. Ils avaient foi en l’Europe démocratique et en la Patrie des Droits de l’Homme. Après une courte tentative infructueuse de refuge en Belgique, ils sont revenus et ont été arrêtés en France, puis enfermés (pardon, retenus !!) au centre de rétention administrative de la zone aéroportuaire Saint-Exupéry (Lyon).

Comme tous les petits garçons de son âge, Beslan a besoin pour grandir de développer ses rapports aux autres et aux objets qui l’entourent. Pour accompagner cette découverte de la réalité de l’espace et de l’humanité du temps, notre époque dite moderne et innovante n’a pas encore trouvé mieux que l’école maternelle de la République et quelques outils simples (feuilles de papier, crayons de couleurs, peintures, cubes, aquarium, bouts de ficelles). Dans le CRA de Saint-Ex, enclos grillagé au milieu d’une zone technique à deux pas du tarmac qui attend les expulsés (pardon, les reconduits !!), c’est la classe maternelle qui manquait le plus à Beslan, dont on l’avait privé en obligeant ses parents à l’errance hexagonale.

A défaut de structure scolaire, des lots de feuilles et de couleurs permettaient à Beslan d’occuper par le dessin l’aridité de ses journées dans la morne cellule vidéosurveillée où ils étaient confinés « en famille ». A défaut de petits copains de maternelle, Beslan dessinait ses rêves de petit garçon. Pas le rêve au sens d’une projection de ses désirs. Plutôt de ces rêves nocturnes faits de vide ou d’étouffement, grilles de lecture d’un quotidien qui nous dépasse.
Grille. C’est malheureusement le mot. De tous les dessins de Beslan accumulés pendant les 27 jours de rétention de la petite famille, il en est un qui bouleverse et révulse. Deux adultes et deux enfants dans une cage. Grisaille. Dans un angle de la grille, une caméra. Noire. Hors de la cage, en haut à droite, un soleil. Orange sanguine. Sous la cage, une bande verte. Comme une envie de pelouse. Nul besoin de commentaire composé. Le dessin parle de lui-même. Noirceur du nid-cage. Lumières colorées d’une terre d’accueil.

La caméra est omniprésente. Dans le dessin comme dans la « vraie » vie offerte à ces enfants par MM Sarkozy et Hortefeux sous tant de regards détournés. La caméra, reflet du temps de l’indiscrétion numérique, outil de surveillance et de médiation obligée avec les gardiens. Une caméra entre Beslan et le soleil.

Dans ces centres insipides et ternes, on perd facilement tout espoir et envies. Enfin pas tout à fait. Certaines envies ne vous oublient pas. Pendant leurs sorties quotidiennes à l’air « libre » d’une cour grillagée, le Papa de Beslan devait approcher de la caméra une feuille tracée d’un malhabile « TOILET » lorsqu’un enfant était pris de ces besoins pressants qu’on leur apprend à maîtriser. Une caméra les avait en permanence à l’œil électronique. La caméra entre Beslan et le soleil.

Le dessin bouleverse par la révélation des images qui peuvent hanter un si petit Beslan. Mais le dessin révulse surtout par l’inhumanité révélée de ceux qui, cyniques et arrogants sous couvert de bonne conscience imbécile, nous entraînent petit à petit dans le chaos en détricotant tranquillement des décennies de laborieuses conquêtes morales. L’institutionnalisation de la plus petite parcelle d’inhumanité est le début de la pire des barbaries. L’inhumanité qu’on formalise par des décrets qu’on oblige ensuite des fonctionnaires à appliquer. Pendant ce temps, l’Europe aseptisée légifère et interdit la fessée.
Mettre un enfant en cage est inhumain.

La famille de Beslan est toujours sans papiers. Malgré le réseau de solidarité qui les protège et leur a trouvé une école, ils vivent dans la terreur permanente d’être repris. De retourner dans une cage de MM Sarkozy et Hortefeux.
Mettre un enfant en cage est inhumain.
Beslan a 4 ans.

Philippe Vuaillat / Juin 2008

Cet été sera le premier passé à l’Elysée par Carla Sarkozy, femme de gauche d’un président très à droite, qui rêve de pulvériser des records d’expulsion en masse d’étrangers sans papiers. Hommes, femmes, enfants, jeunes, vieux, africains, latinos, asiatiques, est-européens, malades, demandeurs d’asile, femmes en danger, tout est bon à sa fringale expulsionniste. En 2007, presque 40 000 personnes sont passées par les prisons administratives pour étrangers, dont 240 enfants, certains tout petits. Beslan le petit garçon de 4 ans, auteur du dessin de la carte postale que nous dédions à Madame Sarkozy, a été enfermé à Lyon en janvier et février 2008 avec ses parents et sa petite sœur. Son séjour à la prison pour étrangers St-Exupéry a inspiré le dessin suivant au Petit Prince martyrisé par la république sarkozienne.

C’est un fait, terrifiant : ce dessin n’est pas celui d’un enfant traumatisé lors de guerres du passé, ni dans un des conflits qui déchirent aujourd’hui des contrées lointaines. Il est celui d’un enfant de 4 ans enfermé en janvier 2008 dans une prison administrative française, gardée par la police française, sur instruction précise et chiffrée de préfets, de ministres et d’un président de la république française.

Nous ne voulons pas croire que de tels faits laisseront indifférente Madame Sarkozy, femme qui se dit épidermiquement de gauche, mère d’un enfant un peu plus âgé que Beslan. Nous invitons toutes celles et tous ceux qui le jugent utile à adresser cette carte postale à Madame Sarkozy avec quelques mots de commentaire au palais de l’Elysée (dispense de timbrage).

Cet été, envoyez des cartes postales au président de la Républiqu


Une carte postale, ce n’est pas beaucoup de place pour écrire, donc pas beaucoup de temps à rédiger.

Rappel : l’envoi de courrier au président de la république est gratuit  !

Quelques suggestions de phrases percutantes (mais polies !)  :


- 25 000 expulsions, combien d’arrestations au faciès ?

- Un pays, c’est toutes celles et tous ceux qui y vivent, avec ou sans papiers

- La place des enfants n’est pas en prison

- Laissez les grandir ici !

mais on fait confiance à votre imagination !

http://www.educationsansfrontieres.org/ 

 

 

10/07/2008

ministre de la culture ...

" Parlez-vous de la défense de la culture avec votre mari?

Je n'en ai pas besoin, il en tient compte de lui-même. Mais il doit déjà tenir compte de tellement d'autres choses, notamment le réel.

Ce pourrait être votre rôle, non?

Défendre la culture est une chose à laquelle j'aimerais participer... Mais en tant qu'artiste. Je n'ai aucune capacité, ni velléité politique."

INTERVIEW de MADAME CARLA BRUNI 20minutes

A ce stade-là , c'est un ministère de la protection de la culture qu'il faut ! 

il y a aussi , " on devrait choisir le jury des concours d'architecture ( pour la constructiion de tours , par exemple ) parmi les  élus , pas chez les  architectes ou les intellectuels " mais ça , c'est une autre dame qui l'a dit ! 

 
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