Avertir le modérateur

02/12/2008

Ben quoi, il suffit de jouer régulièrement au Trivial pursuit !

L'année dernière, près de 800 000 Français se sont présentés aux grilles de la fonction publique. Beaucoup voulaient devenir enseignants. Mais ils étaient aussi 65 000 inscrits au concours de secrétaires administratifs. Pour 1 000 postes. Des diplômés en pagaille, des titulaires de master, là où le texte prévoit un niveau bac. Des doctorants se sont même présentés pour être agent d'accueil au Sénat.

À cette inflation de candidats répond une sélection plus stricte et plus absurde chaque année. Un candidat garde champêtre s'est vu demander la différence entre le crétacé et le jurassique. Or l'élimination se fait sur épreuve écrite. La fonction publique recrute «des copies», «sans jamais s'interroger sur les aptitudes et les besoins réels», tranche le décapant rapport de révision des concours qu'ont rédigé cette année deux inspecteurs. La réforme en cours vise donc à diminuer le poids de la culture générale dans ces épreuves.

En effet, les exigences théoriques croissantes ont peu à peu dévoyé les concours de leurs objectifs concrets et éliminé des publics particulièrement sensibles à ces marqueurs culturels. À commencer par les classes populaires et parmi elles les enfants d'immigrés. Autrefois garants de l'égalité, les concours participent maintenant à la reproduction de l'administration.

Pour rouvrir la fonction publique sur la société et assurer la diversité des recrues, la présence de handicapés et d'agents de toutes les couleurs et de tous les âges, le secrétaire d'État André Santini signe demain une charte de l'égalité avec son ministre de tutelle, Éric Woerth, et le président de la Halde, Louis Schweitzer. Cette fois, l'administration entend se donner les moyens de révolutionner son recrutement en s'attaquant aux contenus des concours d'accès. Un enjeu de taille puisque l'État reste le premier employeur de France.

Les filières techniques de la fonction publique ont déjà fait leur mue et sélectionnent largement sur épreuves pratiques. En revanche, les concours plus administratifs, et notamment les catégories B (intermédiaires) et C, vont voir les épreuves de culture générale, si hexagonales, évoluer vers «des questions de bon sens, en rapport avec la matière, plutôt qu'un académisme ridicule», assume André Santini, ajoutant : «C'est la volonté du président.» Et de rappeler comment la secrétaire de Nicolas Sarkozy, fonctionnaire de catégorie C (la moins qualifiée), a échoué à un concours interne parce qu'elle ne savait qui avait écrit La Princesse de Clèves,«un sujet qui divise jusqu'aux spécialistes», selon André Santini.

 

Gabegie de moyens

La révolution culturelle est donc lancée. En janvier, la liste des concours réformés, ceux de la filière administrative, de l'inspection du travail, de l'École de la magistrature sera diffusée.

«Il s'agit de remettre le service public au service du public», assure André Santini. Rendre le maquis des concours, avec près de 3 000 voies d'accès, plus rationnel et plus transparent. Aujourd'hui, chaque ministère fourbit ses propres questionnaires. Policiers, gendarmes, douaniers, tous séparés. Une gabegie de moyens pour des postes qui se ressemblent souvent. Des milliers de jurys concoctent donc des épreuves, sans trop de directives. «J'ai finalement demandé au candidat au poste d'accueil qui avait gagné Roland-Garros, histoire de voir s'il suivait un peu l'actualité», explique un ancien membre du jury du Sénat. Désormais, «nous allons former les jurys pour qu'ils recrutent en fonction de compétences et pas seulement de connaissances», dit-on à la direction des ressources humaines de la Fonction publique.

Plus que la culture générale, c'est son dévoiement, notamment au travers de QCM aux allures de questions pour un champion, qui froisse aujourd'hui. «Il faut éliminer les aberrations et stopper l'inflation des connaissances demandées, comme du droit public pour des concours de catégorie B ouverts aux bacheliers», estiment les inspecteurs. Car les lauréats, les trois quarts surdiplômés, ne s'épanouissent pas toujours dans les tâches d'exécution qui leur incombent. Des rapports de l'administration dénoncent depuis des années ce système d'autant plus périlleux qu'un mauvais recrutement dans la fonction publique se paie pendant quarante ans.

LE FIGARO

 

Pitié , stop, au moins pendant la trève de Noël ...laissez-nous vous oublier !!!

 

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu